Hausse des financements des CFA, l’argent doit revenir aux agent·es !
Dans notre article du 30 juin dernier, nous avions présenté les premières recommandations de France compétences concernant les niveaux de prise en charge (NPEC*) des contrats d’apprentissage. Nous soulignions alors une amélioration importante par rapport aux baisses intervenues en 2023, tout en rappelant que ces recommandations n’étaient pas encore les NPEC définitifs.
Cette dernière étape est désormais achevée. Les branches professionnelles et leurs commissions paritaires ont arrêté les niveaux applicables à compter du 1er septembre 2026.
Les NPEC, une part essentielle du financement des CFA
Le NPEC correspond au montant annuel pris en charge pour la formation d’un·e apprenti·e. Il constitue donc une recette essentielle pour les CFA, versée par l’intermédiaire des opérateurs de compétences (OPCO).
Pour les CMA, cette activité représente une part importante des ressources du réseau. En 2024, les facturations aux OPCO pour le fonctionnement des CFA représentaient 536,5 millions d’euros, soit 48.4 % des ressources du réseau. A titre de comparaison la TFCMA représentait, de son côté, 212,3 millions d’euros, soit 19,2 % des ressources.
L’évolution des NPEC a donc des conséquences directes sur les moyens dont disposent les établissements pour assurer leurs missions de formation.
Une dernière étape de négociation décisive
France compétences avait établi au printemps des valeurs de référence à partir des coûts observés dans les organismes de formation. Cette première étape avait déjà permis une revalorisation moyenne de 1,85 % des coûts de référence 2024, notamment pour tenir compte de l’inflation. Le SNCA avait déjà obtenu une réévaluation spécifique pour les formations de nos CFA, avec une hausse de 5.2% pour nos 20 diplômes les plus courants. Cependant ces valeurs n’étaient pas les NPEC définitifs : il appartenait ensuite aux branches professionnelles de les examiner et, le cas échéant, de les moduler.
Le SNCA-CGT est également intervenu sur cette étape cruciale. Nous nous sommes concerté·es avec une cinquantaine de négociateur·ices CGT siégeant dans les différentes branches professionnelles concernées, afin de leur transmettre les éléments nécessaires pour défendre les niveaux de prise en charge de nos formations.
Nous avons notamment documenté les spécificités des formations dispensées dans les CFA des CMA et les coûts qu’elles génèrent : fonctionnement et renouvellement des plateaux techniques, matières premières et consommables pédagogiques, énergie, équipements nécessaires aux enseignements pratiques, etc.
Cette intervention a permis de défendre les NPEC des diplômes préparés dans nos établissements sur la base des coûts réels de nos formations.
Des NPEC applicables dès le 1er septembre
Une première question importante concernait le calendrier.
Le dispositif prévoyait initialement un délai de trois mois pour permettre aux branches de prendre en compte les recommandations de France compétences. Un décret du 28 mai 2026 avait même prévu, dans certaines situations, un délai supplémentaire pouvant repousser la prise en compte des nouvelles recommandations.
Au final, les négociations ont permis d’aboutir à un référentiel complet et à des NPEC applicables aux contrats conclus à compter du 1er septembre 2026. Le décret publié le 29 août confirme cette date d’entrée en vigueur pour les niveaux déterminés par les branches comme pour les valeurs de carence.
C’est un point important pour les CFA : les nouvelles valeurs sont donc bien intégrées à la rentrée 2026 et ne sont pas repoussées à décembre.
Une hausse moyenne de 9,2 % sur les principales formations des CMA
Pour mesurer concrètement l’effet de cette dernière étape, le SNCA-CGT a repris les vingt formations les plus représentatives des CFA des CMA. À elles seules, elles représentent environ 71 % des apprenti·es du réseau.
Pour chacune d’elles, nous avons comparé le NPEC moyen observé en 2025 avec le NPEC de référence applicable à partir de septembre 2026. Le résultat est clair : le NPEC moyen de ces vingt formations augmente de 594 euros par apprenti·e, soit 9,2 %.
Cette progression est sensiblement supérieure aux +1,85 % de revalorisation des coûts de référence annoncée par France compétences au printemps, et utilisés pour les projections financières de nos CMA.
Autrement dit, après la première étape menée par France compétences, qui constituait déjà une amélioration importante par rapport aux baisses précédentes, les négociations conduites dans les branches ont permis d’obtenir une progression supplémentaire significative des NPEC des principales formations des CMA.
Quelques exemples permettent de mesurer concrètement cette évolution :
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CAP Coiffure : +529 €, soit +9,7 % ;
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CAP Boulanger : +493 €, soit +8,2 % ;
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CAP Boucher : +1 168 €, soit +18,1 % ;
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CAP Cuisine : +1 361 €, soit +22,9 % ;
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BP Esthétique : +1 206 €, soit +20,3 % ;
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CAP Électricien : +775 €, soit +12,4 %.
Ces chiffres ne signifient évidemment pas que chaque CFA verra ses recettes augmenter de 9,2 %. Le résultat dépend de la structure des formations de chaque établissement et du nombre d’apprenti·es accueilli·es dans chacune d’elles. Ils donnent en revanche une mesure de l’évolution des financements sur le cœur de l’activité des CFA des CMA.
Maintenant, ces moyens doivent revenir aux formations et aux personnels
Depuis 2023, le réseau a subi plusieurs réductions de ses ressources. La baisse des NPEC avait notamment fortement touché les formations de niveaux 3 et 4. Dans le même temps, la TFCMA a été soumise à une trajectoire de baisse qui devait atteindre 60 millions d’euros entre 2023 et 2027, avant que cette trajectoire ne soit encore modifiée.
Les nouvelles négociations sur les NPEC changent aujourd’hui la situation. Sur notre TOP20, qui représente environ 71 % des apprenti·es des CMA, le NPEC moyen progresse de 594 € par apprenti·e, soit 9,2 %.
Si l’on applique cette hausse moyenne à un effectif de 100 000 apprenti·es, cela représente un près de 60 millions d’euros de recettes supplémentaires par an, à effectif constant. Ce chiffre donne une mesure des enjeux financiers de cette revalorisation.
En 2024 les facturations des CMA aux OPCO pour le fonctionnement de leurs CFA s’élevaient à 536,5 millions d’euros. Le réseau dégageait cette même année un résultat d’exploitation de l’ordre de 27 millions d’euros. La revalorisation des NPEC va donc avoir un impact considérable sur nos résultats.
Ces recettes supplémentaires doivent maintenant servir à consolider les CFA, maintenir la diversité des formations et améliorer les conditions dans lesquelles elles sont dispensées. Elles doivent aussi permettre de reconnaître le travail de celles et ceux qui font fonctionner ces établissements au quotidien.
Les personnels des CMA de tous nos services ont largement contribué à absorber les réorganisations successives, les économies et les évolutions de l’apprentissage. Les rémunérations et les grilles n’ont, elles, pas suivi l’évolution des prix et des qualifications.
Après avoir défendu les moyens de nos formations dans les négociations sur les NPEC, le SNCA-CGT considère donc qu’une partie de ces ressources doit désormais revenir aux agent·es.
C’est le sens des revendications que nous portons dans les négociations salariales : les recettes supplémentaires des CFA doivent aussi servir à investir dans les personnels qui assurent leur fonctionnement et la qualité des formations ainsi qu’à tout le service public à l’artisanat.
*Le montant forfaitaire versé pour financer une formation en apprentissage, par apprenti et par an (ou au prorata de la durée du contrat).
Source : Référentiel unique des NPEC 2026 -> téléchargeable ici