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NPEC 2026 : une amélioration réelle du financement des CFA qui doit maintenant profiter à la qualité des formations et aux personnels

Depuis plusieurs semaines, les annonces alarmistes se multiplient autour du financement de l’apprentissage. Les Régions alertent sur la réduction spectaculaire des moyens dont elles disposent pour accompagner les CFA. Certains évoquent désormais un risque d’asphyxie du système et annoncent de nouvelles difficultés pour les établissements.

Il est pourtant nécessaire d’analyser la situation avec précision.

Les CFA des Chambres de Métiers et de l’Artisanat sont aujourd’hui financés à près de 98% par les Niveaux de Prise en Charge (NPEC). Les financements régionaux n’occupent donc plus qu’une place marginale dans leur modèle économique.

Cette réalité ne doit pas conduire à ignorer les difficultés qui subsistent. Le SNCA-CGT continue de dénoncer les effets de la réforme de 2018 et les nombreuses insuffisances du système actuel de financement de l’apprentissage. Mais il serait tout aussi erroné de nier les avancées obtenues dans le cadre de la révision des NPEC 2026.

Des problèmes importants demeurent

Les nouvelles recommandations de France Compétences ne règlent pas l’ensemble des difficultés identifiées depuis plusieurs années par le SNCA-CGT.

Aucune solution pérenne n’a encore été trouvée pour les formations à faibles effectifs, pourtant indispensables à la transmission de nombreux savoir-faire artisanaux. Les métiers d’art, certaines spécialités rares ou encore plusieurs formations implantées dans des territoires ruraux restent fragilisés par un modèle économique reposant essentiellement sur les volumes.

Les CFA ultramarins demeurent également les grands oubliés de cette réforme. Pourtant, les travaux de la DGEFP évaluent à environ 10 % les surcoûts supportés par ces établissements du fait des contraintes propres à leurs territoires.

Sur ces questions essentielles, nos analyses demeurent inchangées et nous vous renvoyons à nos précédentes publications :

Ces limites doivent continuer à être combattues. Elles ne doivent cependant pas masquer les évolutions positives intervenues cette année.

Les NPEC 2026 marquent un changement de cap

Depuis 2022, le SNCA-CGT n’a cessé d’alerter les pouvoirs publics sur les conséquences des baisses successives de NPEC et sur l’écart grandissant entre les coûts réels des formations et leur niveau de financement.

Cette mobilisation a notamment trouvé un écho lors de la concertation nationale sur le financement de l’apprentissage engagée en 2025 sous l’impulsion de la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet. Le SNCA-CGT y était alors la seule organisation représentant directement les CFA.

Ces travaux ont permis d’engager un premier changement de paradigme : la reconnaissance progressive de la nécessité de mieux prendre en compte les coûts réels des formations professionnelles.

Les recommandations NPEC 2026 constituent la première traduction concrète de cette évolution. Ils sont téléchargeables sur notre site ici.

On constate ainsi :

  • Une meilleure prise en compte des coûts liés aux plateaux techniques ;

  • Une meilleure intégration des consommables pédagogiques ;

  • Une revalorisation significative des formations de niveau CAP, BP et baccalauréat professionnel ;

  • Une amélioration du financement de la majorité des diplômes spécifiques du réseau CMA, notamment les Brevets de Maîtrise (BM) et les Brevets Techniques des Métiers (BTM), à l’exception notable de Métiers d’Art.

Ces évolutions correspondent à plusieurs revendications historiques portées par le SNCA-CGT.

Plus de 33 millions d’euros supplémentaires pour les CFA des CMA

Les chiffres disponibles permettent aujourd’hui de mesurer concrètement les effets de cette revalorisation.

Les vingt diplômes les plus importants du réseau CMA regroupent à eux seuls près de 71 % des apprenti·es formés dans nos établissements.

Sur ce périmètre, les nouveaux NPEC progressent en moyenne de 5,17 %.

Plusieurs diplômes emblématiques de l’artisanat connaissent ainsi des revalorisations importantes :

  • CAP Coiffure : +650 euros par contrat, soit +11,89 % ;

  • CAP Boucher : +601 euros par contrat, soit +9,33 % ;

  • CAP Boulanger : +499 euros par contrat, soit +8,31 %.

Les CFA des CMA accueillant chaque année près de 100 000 apprenti·es, l’extrapolation de cette hausse moyenne à l’ensemble du réseau permet d’estimer le gain de recettes à plus de 33 millions d’euros par an.

Ce montant est largement supérieur aux pertes annoncées du fait de la diminution des financements régionaux.

Contrairement à certains discours particulièrement alarmistes, les CFA des CMA ne connaissent donc pas un effondrement généralisé de leur financement. Pour la majorité des formations qui constituent le cœur de leur activité, les ressources progressent.

La qualité de l’apprentissage doit rester la priorité

Cette amélioration du financement constitue également une reconnaissance des spécificités des formations artisanales.

Les métiers de l’artisanat nécessitent des ateliers équipés, des investissements réguliers, des matériels performants et des consommables parfois coûteux. Ils nécessitent également un accompagnement pédagogique exigeant et des équipes qualifiées.

Le financement de l’apprentissage ne peut donc pas être guidé uniquement par une logique quantitative.

Le 20 mai 2026, une délégation de la CGT, et notamment du SNCA-CGT, a été reçue par la ministre déléguée chargée de l’Apprentissage, Sabrina Roubache.

NPEC 2026
La délégation CGT

Cette rencontre a permis de constater une convergence de vues sur plusieurs limites du système actuel : nécessité de mieux articuler financement et qualité des formations, rétablissement d’exigences minimales de qualification pour enseigner, renforcement des contrôles pédagogiques préalables à l’ouverture de nouveaux CFA et recherche de solutions spécifiques pour les territoires ultramarins. Notre organisation a également pu partager son analyse sur la situation de l’apprentissage auprès de la commission parlementaire sur Travail, Emploi et Administration des Ministères Sociaux.

Si ces orientations restent à concrétiser, elles traduisent une prise de conscience croissante des dérives engendrées par la réforme de 2018.

Les futures NAO devront tenir compte de cette nouvelle réalité

Pour le SNCA-CGT, les conséquences de ces nouveaux NPEC sont claires.

Les dizaines de millions d’euros supplémentaires qui vont être injectés dans les CFA des CMA doivent permettre de renforcer la qualité des formations, mais aussi de reconnaître l’engagement des personnels qui les rendent possibles.

Depuis plusieurs années, les employeurs justifient le gel des rémunérations et le refus de toute évolution significative du point d’indice par les difficultés financières rencontrées par certaines régions.

Cette argumentation devient de plus en plus difficile à soutenir.

Le réseau CMA doit être regardé dans sa globalité. Malgré les difficultés réelles rencontrées par certains établissements, il demeure globalement bénéficiaire.

Le SNCA-CGT refuse que la situation de certaines CMA servent de prétexte pour bloquer toute avancée sociale à l’échelle nationale.

La réponse ne réside pas dans la mise en concurrence des établissements ni dans l’opposition entre CMA bénéficiaires et CMA déficitaires.

Elle réside au contraire dans davantage de péréquation, davantage de solidarité et davantage d’investissements là où les besoins sont les plus importants.

Les artisan·es et leurs apprenti·es doivent pouvoir bénéficier partout du même niveau de service public, qu’ils se trouvent dans une métropole, dans un territoire rural ou dans les outre-mer.

À l’approche des prochaines négociations annuelles obligatoires, les employeurs disposent désormais d’un élément supplémentaire pour démontrer leur attachement à la qualité de l’apprentissage : reconnaître enfin à leur juste valeur les femmes et les hommes qui la font vivre chaque jour dans les Chambres de Métiers et de l’Artisanat.

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