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Carburant : le pouvoir d’achat brûle à la pompe !

Pour les agents des CMA qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour se rendre au travail, la flambée des prix du carburant est une nouvelle ponction sur le pouvoir d’achat. À l’heure où s’ouvrent les NAO, cette réalité ne peut pas être ignorée.

« Les distributeurs qui ont immédiatement fait monter les prix des carburants prennent les Français pour des dindons. »

Ce n’est pas Sophie Binet qui l’a dit, mais Michel Picon, président de l’U2P, organisation qui représente une très grande partie des entreprises de l’artisanat et donc de nos employeurs dans les CMA.

Merci Michel. Mais dindons ou pas, celles et ceux qui travaillent au service de l’artisanat, eux, se font bel et bien plumer.

Témoignage de Virginie, professeure de pâtisserie, agente d’une CMA*

« Je suis professeure de pâtisserie et maman isolée de deux enfants. Pour aller travailler, je parcours 55 kilomètres par jour, cinq jours par semaine. Il m’arrive même de faire ces 55 kilomètres aller-retour pour seulement une heure de cours.

J’habite à la campagne et je n’ai pas d’alternative : il n’y a pas de transport en commun et je ne peux pas faire de covoiturage. Je fais aujourd’hui un plein environ tous les dix jours, pour un montant de 135 euros.

Par rapport à l’an dernier où j’avais un emploi du temps sur quatre jours, tous trajets confondus, je dépense environ 100 euros supplémentaires chaque mois en carburant.

Depuis la rentrée, je suis à découvert dès le 15 du mois. Cela a des conséquences très concrètes sur ma vie quotidienne. On ne mange quasiment plus que des pâtes. Ma vie sociale est réduite au minimum : je ne peux plus sortir et je ne peux même plus payer un McDo à mes enfants. Cela touche tous les aspects de ma vie. Elle augmente mon stress et tend toutes mes relations, personnelles comme professionnelles.

J’ai bien demandé à mon établissement de modifier mon emploi du temps pour que je n’aie à venir que trois ou quatre jours par semaine. Je les ai même suppliés de prendre en compte ma situation. Je n’ai reçu aucune réponse.

Aujourd’hui, aller travailler me revient trop cher. J’en suis à me demander s’il ne vaudrait pas mieux que je fasse mes cours théoriques à distance.

Le CFA pourrait optimiser les emplois du temps des professeurs. C’était encore le cas l’an dernier. Mais aujourd’hui les situations individuelles ne sont plus du tout prises en compte.

Pour les collègues administratifs, il faudrait leur accorder plus facilement la possibilité de télétravailler lorsque leur poste le permet. Cela permettrait aux agents de réduire leurs frais de déplacement et ferait également faire des économies à l’établissement. »

Le nom et la matière ont été modifiés pour des raisons d’anonymat

Quand le carburant augmente, c’est le salaire qui baisse

Pour beaucoup de salariés, la voiture n’est pas un choix. Elle est la seule possibilité de se rendre au travail, particulièrement dans les territoires ruraux où les transports collectifs ont été sacrifiés en même temps que les services publics.

Quand le prix du carburant augmente, c’est donc directement une partie du salaire qui disparaît dans le réservoir.

Prenons le cas de Virginie (voir encadré) qui parcourt 55 kilomètres par jour, cinq jours par semaine, pour aller travailler.

Avec une consommation moyenne de 6 litres de gazole aux 100 kilomètres, cela représente environ 14 300 kilomètres et 858 litres de carburant par an.

À 1,63 € le litre en moyenne pour 2025, ces déplacements représentaient environ 1 399 € de carburant par an.

À 2,40 € le litre, ils représentent désormais environ 2 059 €.

La seule hausse du prix du gazole représente donc environ 661 € supplémentaires par an, soit 55 € par mois.

Ces 55 € mensuels sont une baisse supplémentaire du salaire réellement disponible à la fin du mois.

Une réalité que vivent déjà nos collègues

« Aujourd’hui, aller travailler me revient trop cher »

La question du carburant ne se résume pas au prix affiché à la pompe, elle concerne aussi l’organisation du travail : Quand un professeur doit parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour venir assurer une seule heure de cours, le coût de cette organisation est directement supporté par l’agent. Et lorsqu’un emploi du temps pourrait être regroupé sur trois ou quatre jours mais ne l’est pas, ce sont autant de déplacements supplémentaires.

Le télétravail, lorsqu’il est compatible avec les missions exercées, peut également permettre de réduire ces dépenses pour les personnels concernés. Force est de constater que le patronat cherche plutôt à le réduire ces dernières années. Nos employeurs peuvent et doivent adapter l’organisation du travail.

« Une goutte d’eau » face à l’explosion des prix

Le 23 septembre dernier, Sophie Binet réagissait sur RTL aux nouvelles mesures annoncées par le gouvernement face à la flambée des carburants*. L’aide aux grands rouleurs n’est qu’une « goutte d’eau » et elle a appelé à nouveau au nom de la CGT à bloquer les prix et les marges des pétroliers.

En effet les aides ponctuelles ne peuvent pas remplacer des augmentations générales et pérennes des salaires. Dans de nombreux territoires, notamment ruraux, les alternatives à la voiture ont été systématiquement écartées ou démantelées par les pouvoirs publics depuis soixante-dix ans. La CGT s’est toujours opposée à cette politique du tout automobile et revendique :

  • un développement des transports collectifs sur tout le territoire dans une approche multimodale et complémentaire, pour aller vers la transition énergétique ;

  • une amélioration de la qualité des services respectant des critères sociaux et environnementaux ;

  • le droit à l’accessibilité pour tous types de situation de handicap fonctionnel ;

  • une politique tarifaire attractive et sociale qui rende l’ensemble des transports accessible à toutes et à tous, dans une cohérence nationale ;

Aux CMA, les NAO doivent tenir compte de cette réalité

Certains collègues parcourent plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour pour rejoindre leur lieu de travail. La suppression de nombreuses antennes, suite au plan de transformation du réseau CAP 2027, aggrave encore la situation.

La question du carburant est donc pleinement intégrée à la question du pouvoir d’achat car lorsque les prix augmentent et que les salaires stagnent, ce n’est pas seulement le plein qui augmente : c’est le salaire disponible pour vivre qui diminue.

Les agents des CMA n’ont pas à choisir entre faire le plein pour aller travailler et remplir le réfrigérateur. Le travail doit permettre de vivre dignement.

Et les NAO doivent permettre de rattraper les pertes de pouvoir d’achat et d’augmenter réellement les salaires.

C’est le sens de la revendication principale portée par le SNCA-CGT : le point à 6€ !

* N’oubliez pas de faire votre demande d’indemnités ici : https://www.impots.gouv.fr/simulateur-aide-carburant-grands-rouleurs

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